- Il a fait une démonstration de force et scelle son destin de grand favori !
Sous un soleil équatorial de plomb, la capitale économique et pétrolière du Congo, Pointe-Noire, s’est transformée le samedi 28 février dernier en un théâtre d’une ferveur politique sans précédent pour marquer le coup d’envoi de la campagne présidentielle. Autour du mythique rond-point Lumumba, des milliers de partisans, formant une marée humaine vêtue de blanc et de rouge, ont accueilli leur “candidat naturel” dans une atmosphère de jubilation électrique.
Denis Sassou N’Guesso, 82 ans, dont la stature domine la vie politique congolaise depuis plus de quatre décennies, a fait une entrée triomphale à bord d’une décapotable, arborant son emblème fétiche : l’éléphant, symbole de force et de longévité.
Dans une ville où les commerces avaient baissé rideau pour laisser place à la grand-messe du Parti Congolais du Travail (PCT), le chef de l’État a martelé un message de confiance absolue : “Nous allons gagner !”.
Cette déclaration, loin d’être une simple formule de rhétorique électorale, résonne comme une évidence pour ses soutiens qui voient en “DSN” l’unique rempart contre l’incertitude.
Face à une opposition éclatée et représentée par six prétendants, dont le jeune Destin Gavet qui tente de bousculer les codes du haut de ses 34 ans, le président sortant semble évoluer dans une autre dimension politique, porté par un appareil partisan qui promet déjà une “vague” de votes en faveur de celui qu’ils nomment avec respect le “Patriarche”.
LE SACRE DE LA STABILITÉ ET DU BILAN – DENIS SASSOU N’GUESSO ÉRIGE LA PAIX EN PRÉALABLE DE L’ÉMERGENCE
Du haut de sa tribune, le militaire de carrière a longuement développé une plaidoirie centrée sur la paix et la sécurité, des valeurs qu’il considère comme son legs le plus précieux à la nation après les tourments de la guerre civile des années 1990.
Pour Denis Sassou N’Guesso, le développement n’est pas une génération spontanée, mais le fruit d’une stabilité maintenue d’une main de fer dans une région d’Afrique centrale souvent tourmentée.
En égrenant son bilan économique — du désenclavement du pays par un réseau routier moderne à l’essor des secteurs gazier et agricole — il a su captiver une audience avide de perspectives concrètes.
Le candidat favori a promis de transformer le prochain quinquennat, qui selon la constitution modifiée en 2015 devrait être le dernier, en un laboratoire d’accélération industrielle.
Il s’est engagé à intensifier la mécanisation de l’agriculture, à multiplier les infrastructures universitaires et à dynamiser le tourisme.
Ce discours de la méthode, ancré dans la réalité des réalisations passées, vise à rassurer les partenaires internationaux et les investisseurs sur la continuité d’un climat des affaires serein, faisant de la stabilité politique le socle inébranlable de la croissance future.
LE PARI DE LA TRANSMISSION – DENIS SASSOU N’GUESSO ET LE CONTRAT DE CONFIANCE AVEC LA JEUNESSE CONGOLAISE
L’un des moments les plus pathétiques et stratégiques de son allocution à Pointe-Noire fut sans conteste son adresse directe à la jeunesse, omniprésente dans la foule et sur les affiches le présentant comme le choix de l’avenir. Conscient des aspirations d’une nouvelle génération qui n’a pas connu les affres de la guerre, le chef de l’État a lancé un appel vibrant à “ne pas perdre espoir”, se positionnant non pas comme un obstacle, mais comme le préparateur du terrain pour la relève future.
“Notre génération est en train de préparer les conditions pour que la jeunesse, un jour, prenne le relais”, a-t-il affirmé sous les acclamations des cadres du parti.
Ce discours de transmission vise à créer un pont entre l’expérience du Patriarche et l’énergie des jeunes entrepreneurs et étudiants.
En promettant un soutien accru à l’activité économique juvénile et en investissant dans la formation, Denis Sassou N’Guesso cherche à transformer son dernier mandat en un héritage vivant. Pour ses partisans massés dans les gradins, cette vision inclusive prouve que malgré ses 40 années de pouvoir, le président conserve une agilité politique capable de répondre aux défis de la modernité, scellant ainsi un pacte de confiance qui semble rendre sa réélection au soir du 15 mars quasi inéluctable.