LE CRI D’ALARME D’YVES MBAKI FACE AUX REMOUS DE LA RÉPUBLIQUE
[- C’est le cœur lourd et l’âme meurtrie par le spectacle désolant des déchirures intestines d’une nation déjà à genoux que l’analyste socio-politique Yves Mbaki prend aujourd’hui, comme d’ailleurs à l’accoutumée, la plume, composant un réquisitoire pathétique aux accents de complainte funèbre pour la cohésion nationale.
Regardant les rives d’un Congo fatigué, dont le grand fleuve semble charrier les promesses brisées et les larmes anonymes de millions de compatriotes, l’auteur, Yves Mbaki, dresse le constat d’une patrie en sursis, prise au piège d’une rhétorique incendiaire qui menace de consumer ses derniers remparts de stabilité.
Alors que le sol de l’Est continue de s’abreuver du sang des innocents et que la misère sociale étrangle les foyers, la classe politique choisit ce moment d’extrême fragilité pour s’écharper autour de la sainte charte constitutionnelle, substituant la fureur des ambitions personnelles à l’urgence de la survie collective.
S’adressant directement au Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, ce cri de détresse d’Yves Mbaki n’est pas une simple critique partisane, mais l’ultime supplique d’un fils du pays qui voit le navire tanguer dangereusement sur des eaux devenues trop tumultueuses, implorant le premier d’entre les Congolais de faire triompher la hauteur d’esprit sur les passions destructrices de sa cour -].
LA DÉRIVE INQUIÉTANTE DU DISCOURS PUBLIC – QUAND LES MOTS PRÉPARENT LE LIT DES TRAGÉDIES FUTURES
L’autopsie de la scène politique congolaise de ces quatre derniers mois, telle que menée avec acuité par Yves Mbaki, révèle une inquiétante escalade vers des extrêmes où le dialogue républicain cède la place à un antagonisme féroce et irréconciliable.
De l’asphyxie sécuritaire chronique qui endeuille nos provinces orientales aux controverses byzantines sur la révision ou le changement de la Constitution, le climat politique s’est dépouillé de sa substance sereine pour devenir un incubateur de tensions permanentes.
Chaque sujet d’intérêt national est désormais instrumentalisé, transformé en une arène de confrontation où deux blocs antagonistes se défient dans une surenchère verbale d’une violence inouïe. Les signaux émanant de la majorité comme de l’opposition s’avèrent alarmants : d’un côté, des militants zélés s’arrogent le droit d’interdire par la force les marches constitutionnelles de protestation, tandis que de l’autre, des mots d’ordre belliqueux et des calendriers de défiance sont lancés comme des défis jetés à la figure du pouvoir.
Yves Mbaki rappelle avec gravité que les grandes fractures d’une nation ne débutent jamais par le fracas des armes, mais s’enracinent sournoisement dans la déshumanisation du langage, dans cette manière de criminaliser l’autre et d’installer la culture du mépris permanent comme mode de gestion publique.
L’INTERPELLATION SACRÉE À FÉLIX-ANTOINE TSHISEKEDI – LE RECOURS À LA RETENUE FACE AU SPECTRE DE LA DÉCHIRURE HISTORIQUE
Face à ce péril imminent où le contrat social menace de se rompre, la tribune d’Yves Mbaki se mue en un plaidoyer direct et solennel à l’endroit du garant de la Nation, le Président Félix-Antoine Tshisekedi, l’exhortant à endosser la posture du sage plutôt que celle du chef de clan.
Le fleuve n’est pas tranquille, et lorsque les eaux deviennent tumultueuses, la science du commandement exige de calmer le jeu, de faire preuve de retenue et de s’élever au-dessus des passions partisanes de son entourage immédiat.
Le peuple congolais, dont le dos est déjà courbé par le deuil permanent de l’Est, par l’inflation galopante et par des attentes sociales légitimes sans cesse différées, n’a que faire des démonstrations de force musculaire ou des réformes imposées dans la méfiance généralisée. L’histoire universelle des institutions enseigne qu’aucune réécriture des textes fondamentaux ne peut s’enraciner durablement si elle est perçue comme un oukase ou un passage en force au détriment de la cohésion nationale. C’est au Chef de l’État qu’incombe la responsabilité historique de désamorcer cette bombe à retardement, en rappelant à ses troupes que gouverner implique de rassembler, et que la pérennité d’un pouvoir se mesure à la paix qu’il sème et non aux tempêtes qu’il provoque.
L’IMPÉRATIF D’UNE INTELLIGENCE COLLECTIVE – REPLACER LA SYMPHONIE SOCIALE ET SÉCURITAIRE AU CŒUR DES PRIORITÉS
Pour conjurer le sort et éviter que la République ne bascule dans le gouffre d’une instabilité incontrôlable, la classe politique congolaise dans son ensemble doit d’urgence opérer une cure de désintoxication verbale et comportementale. Yves Mbaki en appelle à l’avènement d’une intelligence collective, une union sacrée de la raison où les véritables urgences nationales supplanteront enfin les calculs politiciens à courte vue.
La pacification définitive de notre territoire oriental, le redressement des indicateurs macroéconomiques et l’amélioration tangible du bien-être de chaque ménage congolais doivent redevenir l’unique boussole de l’action publique et de l’engagement de l’opposition.
Si le langage de la haine, du défi mutuel et de l’exclusion continue de servir de grammaire aux acteurs politiques, le risque est grand de voir la réalité rattraper les discours les plus sombres, plongeant le pays dans un chaos que personne ne saura maîtriser.
Il est encore temps de rebrousser chemin ; la République réclame un langage qui panse les plaies, des dirigeants capables de grandeur d’âme et un respect absolu de l’intérêt supérieur de la Nation, car le grand fleuve Congo appartient à tous ses enfants, et non à une élite en mal de pouvoir.