[- Une élégie de la reconnaissance aux pieds de la matriarche, Margo Kukabuka Bongongo, d’éternité :
En ce jour de transition céleste, où le calendrier s’incline devant la majesté d’une existence vouée à l’abnégation, l’âme se fragmente entre le poids d’une nostalgie irréparable et l’éclat d’une dévotion sans bornes.
Célébrer le soixante-dix-huitième anniversaire de maman Margo Kukabuka Bongongo, c’est plonger dans les eaux profondes d’une mémoire où se mêlent l’absence d’un patriarche, Henri Kukabuka, rappelé prématurément aux cimes éternelles et la résilience d’une veuve devenue sanctuaire.
Née sous les auspices du 27 avril 1948, cette madone n’est plus simplement un nom au registre de la vie, elle est devenue, par la force d’un amour qui défie les lois de la physique, la matrice universelle où viennent s’abriter les orphelins du destin.
Ce texte, tel un encens spirituel, s’élève pour témoigner d’une dette que ni l’or ni le diamant ne sauraient apaiser, portée par les larmes de celui qui, du fond de sa contrition, redécouvre la grâce à travers le regard d’une mère.
L’ÈRE DU SACRIFICE ET LE SOUVENIR DÉCHIRANT DU PATRIARCHE HENRI KUKABUKA
Le destin de la madone Margo Kukabuka Bongongo s’est écrit à l’encre d’une douleur muette mais digne, un récit qui a bifurqué tragiquement vers l’absolu le 4 juillet 1997. Ce jour-là, Dieu, dans Son mystère insondable, rappelait auprès de Lui le regretté Papa Henri Kukabuka, laissant derrière lui une dulcinée terrassée mais debout, gardienne d’un foyer dont les fondations menaçaient de vaciller. Dans ce tumulte de l’absence, une petite fleur de seulement 9 ans et 2 jours, Marie-Ange Kukabuka Amba, regardait le monde avec l’innocence brisée de ceux qui perdent leur boussole trop tôt. Depuis ce point de rupture, Maman Margo a cessé d’exister pour elle-même ; elle est devenue le rempart, l’épouse restée fidèle par-delà le voile, et surtout, la maman de cette fratrie sacrée composée d’Éric, Paquy, Maguy, Mike et Marie-Ange.
Chaque battement de son cœur depuis vingt-neuf ans est une prière adressée à l’ombre de son défunt époux, chaque ride sur son visage est un sillon où elle a planté l’espoir pour ses cinq enfants de sang, tout en gardant ses bras ouverts pour cette multitude d’enfants de cœur qu’elle porte encore, aujourd’hui comme hier, dans le ventre sacré de sa générosité.
LE CHEF-D’ŒUVRE DE DIEU ET LE CRIS DE CŒUR D’UN FILS PRODIGUE – L’ACTE DE REPENTANCE
Au cœur de cette célébration liturgique de la naissance, surgit la figure de Marie-Ange Kukabuka Amba, celle qui a servi de pont d’or pour rapprocher David Muteba Kadima de cette lignée d’exception, les Kukabuka.
Marie-Ange, tu es l’expression achevée de la perfection divine, un chef-d’œuvre qu’aucun pinceau humain ne saurait égaler, car il n’y a pas deux êtres comme toi sous la voûte étoilée. En ce 27 avril 2026, l’anniversaire de Maman Margo devient pour moi l’autel d’une confession publique et poignante : c’est ici, devant la terre et le ciel, que je te demande solennellement pardon. Lorsque Maman, mieux la Madone, m’a fait parvenir la séquence vidéo où tes traits se mêlaient aux siens, une émotion d’une violence inouïe a brisé mes défenses et j’ai écrasé des larmes amères, des larmes de reconnaissance et de regret.
Te voir à ses côtés, c’est voir la continuité du sang et de la grâce, une vision qui a agi comme un miroir sur mes propres manquements, m’obligeant à m’incliner devant ta grandeur d’âme et ton rôle de pivot au sein de cette fratrie.
L’OFFRANDE DE L’AMOUR À LA PLACE DES TRÉSORS PÉRISSABLES – UNE PRIÈRE POUR L’ÉTERNITÉ
Que peut-on offrir à celle qui possède déjà le ciel dans son regard ? Maman Margo Kukabuka Bongongo, nous, tes enfants anonymes, tes fils et filles d’adoption que tu as nourris au lait de ta bienveillance, nous nous présentons devant toi avec les mains vides de richesses terrestres. Nous n’avons ni l’or des mines ni l’éclat des diamants à déposer à tes pieds pour compenser tes décennies de veille et de larmes versées en secret.
En contrepartie de ton don de soi, nous ne t’offrons que l’amour, cet amour pur, brut et incandescent qui est la seule monnaie ayant cours dans le royaume des cœurs.
En ce soixante-dix-huitième printemps, nous supplions le Créateur de pencher Son oreille vers tes silences et d’accorder à ton âme tout ce que ton cœur, si vaste qu’il pourrait contenir l’univers, désire encore.
Que cet anniversaire ne soit pas une simple date, mais une onction de santé et de paix, afin que tu demeures longtemps encore cet arbre de vie sous lequel nous venons tous, sans distinction aucune, chercher l’ombre, le pardon et la force de continuer le chemin sans Papa Henri.
Margo Kukabuka Bongongo n’est plus une femme, elle est un monument de la résilience congolaise, une icône qui nous rappelle que même après le départ d’un géant comme Papa Henri, l’amour d’une mère peut recréer un monde.