Arrêtons les débats stériles sur “on vend le pays”. On ne vend rien : on échange intelligemment pour survivre et dominer. Soutenons cet accord, exigeons sa transparence totale, surveillons sa mise en œuvre, mais arrêtons de saboter l’unique levier qui peut changer la donne. L’histoire montre que de tels échanges “ressources contre sécurité” sont courants dans ce monde pour des pays vulnérables géopolitiquement.
DRC : Game Changing : le changement, c’est maintenant ou jamais.
Esprit Tshisekedi : on pense, on agit, on gagne.
Le Congo mérite mieux que la misère éternelle. Allons-y !
Vive la RDC puissante, unie et respectée.
Bana Mboka, il y a plusieurs exemples historiques et actuels de pays qui ont cédé l’accès ou le contrôle de leurs ressources naturelles en échange de garanties de sécurité et d’intégrité nationale. Ces accords, souvent appelés “ressources contre sécurité”, impliquent généralement des puissances étrangères offrant une protection militaire ou politique en retour d’un accès privilégié à des ressources stratégiques comme le pétrole, les minéraux ou les métaux rares. Voici quelques cas concrets, établis sur des analyses et des rapports récents :
• Arabie Saoudite : en 1945, lors de la rencontre sur l’USS Quincy entre le président américain Franklin D. Roosevelt et le roi Abdul Aziz Ibn Saud, un accord informel a été scellé. L’Arabie Saoudite a garanti un approvisionnement fiable en pétrole aux États-Unis en échange d’une protection militaire américaine contre les menaces régionales et les grandes puissances. Cet “accord pétrole contre sécurité” a perduré pendant des décennies, influençant la politique étrangère américaine au Moyen-Orient.
D’autres pays du Golfe, comme le Koweït et les Émirats arabes unis, ont conclu des arrangements similaires avec les États-Unis après la guerre du Golfe en 1991, échangeant l’accès au pétrole contre une défense contre l’Irak. (picenter.wcfia.harvard.edu)
République démocratique du Congo (RDC, anciennement Zaïre) : pendant la Guerre froide, sous le président Mobutu Sese Seko, la RDC a accordé aux entreprises américaines un accès privilégié à des ressources comme le cobalt (essentiel pour l’aérospatiale et l’armement) et l’uranium en échange d’un soutien sécuritaire américain, avec des transferts d’armes, une collaboration en renseignement et une aide financière pour contrer les influences communistes.
Plus récemment, en 2025, la RDC a proposé un accord similaire avec les États-Unis, offrant un meilleur accès à des minéraux critiques (cobalt, cuivre, lithium) en retour d’une aide militaire et d’une médiation pour stabiliser les régions minières de l’est.
• Angola : durant la Guerre froide (1975-2002), l’URSS a fourni un soutien militaire massif au gouvernement angolais (MPLA), avec des équipements, des conseillers et des ressources financières, en échange d’un accès exclusif aux réserves de pétrole et de diamants du pays.
• Mali : depuis 2022, le gouvernement de transition malien a octroyé des concessions minières d’or à des compagnies militaires privées russes (comme le groupe Wagner, remplacé par l’Africa Corps) en échange de services de sécurité pour combattre les insurgés et protéger le régime.
Des arrangements similaires existent en République Centrafricaine et au Soudan, où la Russie échange une protection militaire contre des droits sur l’or, les diamants, le bois et le pétrole.
Ces exemples montrent comment des pays riches en ressources, souvent vulnérables à des menaces internes ou externes, ont utilisé leurs atouts naturels comme monnaie d’échange pour renforcer leur sécurité. Cependant, ces accords peuvent entraîner une dépendance accrue et des critiques sur la souveraineté, comme dans le cas de la RDC où ils ont été associés à de la corruption et à des répressions.
1. Le Canada pendant la Seconde Guerre mondiale (1940-1945)
Le Canada, pays riche en ressources stratégiques (nickel, uranium, aluminium, pétrole naissant en Alberta, etc.), faisait face à la menace nazie imminente et à l’isolement croissant de la Grande-Bretagne après la chute de la France en 1940.
Accords clés :
• Ogdensburg Agreement (août 1940) : création du Permanent Joint Board on Defence avec les États-Unis pour coordonner la défense continentale nord-américaine.
• Hyde Park Declaration (avril 1941) : coordination de la production de guerre ; les États-Unis intègrent les fabrications canadiennes dans le Lend-Lease (aide aux Alliés), en échange d’un accès privilégié aux ressources canadiennes essentielles (uranium pour le projet Manhattan, nickel pour l’armement, aluminium pour les avions).
Échange : intégration économique et militaire des ressources canadiennes à l’effort de guerre américain contre la garantie de protection mutuelle et de sécurité continentale (contre une invasion allemande potentielle via l’Atlantique Nord).
Conséquence sur l’intégrité réelle : Le partenariat était relativement équilibré et volontaire, renforçant la souveraineté canadienne à long terme (via NORAD plus tard). Cependant, il a créé une dépendance économique et stratégique durable envers les États-Unis, avec une influence américaine accrue sur la politique étrangère et l’économie canadienne pendant et après la guerre.
2. La RDC (Zaïre sous Mobutu) pendant la Guerre froide (années 1960-1980)
Le Zaïre, sous le régime autoritaire de Mobutu Sese Seko, était riche en minerais stratégiques (cobalt essentiel pour l’aérospatiale et l’armement, uranium pour le nucléaire, cuivre) et faisait face à des menaces communistes régionales (soutien soviéto-cubain aux rebelles).
Accords : soutien américain massif pendant la Guerre froide, avec une aide financière, militaire et de renseignement pour contrer l’influence communiste en Afrique centrale.
Échange : accès privilégié et contrats favorables aux entreprises américaines pour exploiter les minerais stratégiques, en contrepartie d’une protection du régime (armes, formation, aide économique) contre les menaces internes et externes.
Conséquence sur l’intégrité réelle : corruption endémique et pillage continu des ressources ; répression violente des oppositions ; dépendance accrue envers les États-Unis ; instabilité interne chronique menaçant l’intégrité territoriale (sécessions potentielles, rébellions) ; survie du régime obtenue au prix d’une souveraineté vidée de substance et d’un pillage massif des richesses nationales.
3. L’Angola pendant la Guerre froide (1975-2002)
L’Angola, nouvellement indépendant, était doté de vastes réserves de pétrole offshore et de diamants, mais plongé dans une guerre civile immédiate entre factions (MPLA, UNITA, FNLA), avec des ingérences externes.
Accords : soutien massif de l’URSS et de Cuba au MPLA (gouvernement officiel).
Échange : accès exclusif et prioritaire aux réserves pétrolières (via des contrats avec des compagnies comme Chevron, protégées par les Cubains) et aux diamants. Cela contre une aide militaire massive (armes soviétiques, conseillers, jusqu’à 50 000 troupes cubaines pour défendre le régime et les installations pétrolières).
Conséquence sur l’intégrité réelle : La guerre civile a été prolongée et dévastatrice. Elle a entraîné plus de 500 000 morts, une dépendance lourde envers l’URSS et Cuba, une ingérence étrangère profonde avec des troupes non nationales sur le sol, une division nationale durable, et une souveraineté réelle compromise par la perte de contrôle sur les ressources et le territoire. La survie du régime MPLA a été obtenue au prix d’une nation fracturée et d’un pillage des richesses par les factions et leurs alliés.
Ces trois cas montrent comment, face à des menaces existentielles (guerre mondiale, communisme, instabilité postindépendance), les dirigeants ont souvent sacrifié une partie de leur souveraineté réelle au moyen d’échanges ressources-sécurité.
Le Canada illustre un partenariat plus équilibré et bénéfique à long terme, tandis que le Zaïre et l’Angola présentent des dynamiques plus destructrices, marquées par la corruption, la dépendance et la violence prolongée. Ces leçons historiques peuvent inspirer une vigilance accrue dans tout accord similaire aujourd’hui, afin de maximiser les gains sécuritaires tout en préservant l’intégrité nationale.
Analyse de Wilfred Kahambwe