– Faire de la RVA non plus un symbole de failles, mais un modèle d’efficacité, de fiabilité et de sécurité.
La nomination de Louis-Blaise Londole au poste de directeur général ad intérim de la Régie des voies aériennes (RVA) ne se lit pas comme une simple passation de pouvoir.
Officiellement installé le mardi 23 septembre, il est l’homme d’une mission de sauvetage, propulsé à la tête d’une institution en pleine crise de confiance.
Son arrivée fait suite à la suspension de son prédécesseur, Léonard Ngoma Mbaki, dans le sillage d’un incident qui a secoué l’appareil d’État et mis en lumière de graves défaillances systémiques. L’enjeu est colossal : il ne s’agit pas seulement de remplacer un dirigeant, mais de restaurer la crédibilité de la principale porte d’entrée aérienne du pays et de prouver au monde que la sécurité n’y est pas négociable.
LE CHAOS À N’DJILI – UN DYSFONCTIONNEMENT QUI A RÉVÉLÉ DES FAILLES CRITIQUES
Le point de bascule fut le grave incident survenu à l’aéroport international de N’Djili.
Un dysfonctionnement spectaculaire qui a empêché l’atterrissage de l’avion présidentiel, un événement d’une gravité exceptionnelle qui a fait l’effet d’une déflagration.
La cause ? Une coupure d’électricité prolongée qui a plongé la tour de contrôle dans le noir, paralysant ses opérations et coupant les communications avec les appareils en approche.
Les premières enquêtes, sans appel, pointent vers des “négligences techniques”, suggérant un défaut de maintenance et de préparation.
Cet épisode n’était pas isolé ; il s’inscrit dans un contexte de dysfonctionnements similaires qui ont également coûté sa place au directeur général de la Société nationale d’électricité (SNEL), montrant que la crise est loin d’être circonscrite à la seule RVA.
Ce scandale a forcé la main du gouvernement, qui ne pouvait plus ignorer les signaux d’alarme concernant la fiabilité et la sécurité de ses infrastructures vitales.
LA MISSION DE SAUVETAGE – ENTRE MODERNISATION ET RESTAURATION DE LA CONFIANCE
La tâche qui attend Louis-Blaise Londole est immense et urgente. S’il a pris ses fonctions lors d’une cérémonie sobre, le poids des attentes est immense.
En plus de devoir stabiliser une situation encore précaire – l’aéroport de N’Djili continuant d’enregistrer de multiples coupures d’électricité –, il est chargé de mener la modernisation des infrastructures, un appel lancé par le président du conseil d’administration de la RVA, Tryphon Kin-Key Mulumba.
Il doit transformer une entreprise dont les faiblesses sont devenues tristement publiques et prouver que l’ère de la négligence est révolue. Sa réussite ne se mesurera pas uniquement à sa capacité à éviter un nouvel incident, mais aussi à sa faculté à rétablir la confiance des usagers, des compagnies aériennes et de la communauté internationale.
L’enjeu pour Louis-Blaise Londole est de faire de la RVA non plus un symbole de failles, mais un modèle d’efficacité, de fiabilité et de sécurité pour l’ensemble du continent africain.