La capitale congolaise vit depuis des années sous la menace d’une épée de Damoclès saisonnière : les inondations qui, à chaque saison des pluies, causent des dégâts matériels considérables et mettent en péril la vie de millions de citoyens.
Face à cette fatalité récurrente, la réponse a souvent été perçue comme palliative ou insuffisante. Mais le ministre des Infrastructures et travaux publics, John Banza Lunda, semble déterminé à rompre avec ce cycle.
Son initiative, aussi audacieuse qu’urgente, a consisté à mobiliser un corps d’élite, le génie militaire, pour s’attaquer à la source du problème : l’envasement des rivières et des canaux d’évacuation.
L’installation d’une brigade permanente de curage sur la rivière Makelele, un axe vital qui relie les communes de Bandalungwa, Ngaliema et Kintambo, n’est pas un simple projet de plus, c’est un acte de gouvernance qui privilégie la solution concrète et durable sur la promesse. En revenant sur le site seulement dix jours après une première visite d’inspection, le ministre a envoyé un signal fort : l’urgence est réelle et l’heure est à l’action immédiate pour sauver des vies et des biens.
LA FORCE DE LA RÉACTIVITÉ – QUAND LA POLITIQUE S’ALLIE AU GÉNIE MILITAIRE POUR AFFRONTER LA NATURE
La décision de faire appel au génie militaire pour une tâche qui incombe normalement aux services civils, comme l’Office des voiries et drainage (OVD), est une démarche politique et opérationnelle d’une grande pertinence.
Elle témoigne d’une volonté de dépasser les lourdeurs administratives et les capacités limitées des structures classiques pour faire face à une crise d’ampleur.
L’engagement de l’armée dans la sécurisation des infrastructures urbaines montre que le gouvernement élève la lutte contre les inondations au rang de priorité de sécurité nationale. C’est une stratégie qui garantit la rigueur, l’efficacité et la rapidité dans l’exécution des travaux, des qualités essentielles lorsque l’on travaille contre la montre avant l’arrivée des pluies. John Banza Lunda l’a clairement signifié en déclarant que le Président de la République lui a donné des instructions claires pour protéger les citoyens, faisant de cette opération un prolongement direct de la vision du chef de l’État pour le bien-être de son peuple. Cette alliance entre le pouvoir politique et la force militaire crée un précédent puissant, capable d’inspirer des solutions similaires pour d’autres défis de développement en RDC.
AU-DELÀ DES INFRASTRUCTURES – L’APPEL À LA CONSCIENCE CITOYENNE POUR UN DÉFI COLLECTIF
Mais le ministre John Banza Lunda est conscient que le curage des rivières ne sera qu’une solution temporaire sans un changement de comportement de la population.
L’aspect le plus enrichi de son approche est l’intégration de la sensibilisation citoyenne à l’action technique.
En dénonçant publiquement la pratique de transformer les canaux d’évacuation en dépotoirs, il pointe du doigt une des causes fondamentales du problème, tout en refusant de se contenter de simples reproches.
Son annonce de la mise en place d’un système de récupération des déchets est la preuve qu’il comprend que la responsabilité de l’État ne se limite pas à déblayer, mais aussi à fournir les outils nécessaires pour que les citoyens puissent être des partenaires dans la propreté de leur ville.
Le message est double : l’État prend ses responsabilités avec l’engagement du génie militaire, et la population doit prendre les siennes en cessant de polluer les voies d’eau.
Cette approche holistique, qui combine une intervention d’urgence, un plan d’action étendu à toute la capitale et une campagne de civisme, fait de l’initiative de John Banza Lunda un modèle de gouvernance pragmatique, un véritable laboratoire de solutions pour Kinshasa qui, espérons-le, ne sera plus jamais laissée à la merci des eaux.