LE DESTIN SCELLÉ, DENIS SASSOU N’GUESSO, FACE À L’ULTIME JUGEMENT DES URNES
- Il est le symbole d’un leadership indispensable.
Le parcours de Denis Sassou N’Guesso, à l’approche de ses 82 ans, n’est pas seulement une longévité politique ; c’est une traversée exceptionnelle qui a confondu le destin personnel avec celui de la République du Congo.
Le Chef de l’État se prépare potentiellement à relever l’ultime et peut-être le plus crucial des défis : conduire la nation aux élections de mars 2026.
Ayant passé plus de quatre décennies au service du pays, sa stature est devenue celle d’une figure centrale, au-delà des clivages, suscitant un mélange complexe de respect, de crainte et, surtout, le sentiment qu’il est irremplaçable aux yeux de nombreux compatriotes. Militaire de formation et patriote revendiqué, il a su imposer une image de fermeté et de résilience, symbolisée par son surnom en mbochi : “Otchouembe”, entendez le lutteur invincible. Son expérience, forgée dans les moments les plus sombres – notamment son retour spectaculaire après sa seule défaite en 1992 – est constamment citée comme le facteur déterminant qui a permis au Congo d’éviter le chaos et de surmonter les guerres fratricides.
Ce poids de l’histoire et cette capacité à ramener le dialogue et la paix confèrent à son leadership une autorité rassurante que ses partisans brandissent comme le garant de la stabilité nationale dans une région souvent en proie à l’incertitude et aux transitions brutales.
LE PARADOXE DE LA CONTINUITÉ – QUAND LA JEUNESSE APPELLE À LA PÉRENNITÉ POUR SÉCURISER LES ACQUIS DE LA PAIX
Malgré une longévité qui pourrait être interprétée par certains comme une stagnation, le discours dominant autour de Denis Sassou N’Guesso se concentre sur le dilemme de la continuité.
Sous son autorité, le Congo a consolidé ses institutions et a pu s’engager dans de grands travaux d’infrastructures et la modernisation de ses villes. Bien que la déclaration officielle de sa candidature pour 2026 soit encore en suspens, les appels à sa continuité se multiplient au sein de son parti, le Parti Congolais du Travail (PCT), mais aussi dans des mouvements de la société civile.
L’argument central est frappant : il ne s’agit pas de l’ambition d’un homme, mais de la nécessité de l’État.
C’est particulièrement notable de la part de la jeunesse qui, ayant grandi dans une ère de paix relative, exprime le désir de sécuriser les acquis et de préserver la stabilité.
Pour ses partisans, un changement à la tête de l’État serait perçu comme un risque inutile qui pourrait raviver les tensions.
Ainsi, un éventuel nouveau mandat ne serait pas vu comme un énième renouvellement, mais comme le prolongement naturel d’un engagement au service du pays, essentiel pour achever la consolidation démocratique et la transmission du pouvoir dans la sérénité.
LE LEADERSHIP PANAFRICAIN – L’INFLUENCE DISCRÈTE D’UN SAGE AU SERVICE DE LA RÉGION ET DE LA PLANÈTE
L’aura de Denis Sassou N’Guesso ne se limite pas à sa capacité à maintenir la stabilité nationale ; elle s’étend à son rôle majeur sur la scène africaine et internationale.
Il s’est distingué comme un médiateur discret mais efficace, dont la voix est écoutée dans la résolution des crises régionales majeures, de la République centrafricaine au Tchad, en passant par la Libye.
Cette influence témoigne d’une sagesse politique accumulée et d’un engagement constant pour la paix.
Plus récemment, son rôle de premier plan dans les initiatives panafricaines pour la protection des forêts du Bassin du Congo positionne son pays comme un acteur environnemental clé, garant d’un poumon vital pour la planète.
À l’approche de 2026, si la question de son ultime combat politique demeure, la réponse de ses proches est qu’il est guidé par le devoir plutôt que par l’ambition personnelle.
Il incarne, pour une large partie du continent, un symbole d’autorité et de continuité, un leadership enraciné dont la présence est jugée indispensable pour la fidélité à la nation congolaise et l’équilibre régional.
Jean-Paul MAJEPA